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Comment déterminer le niveau de risque incendie d'un local de travail ?

  • 4 min de lecture
  • Rédigé et publié automatiquement
Empty metal storage racks in a spacious industrial warehouse setting.
Photo Adrien Olichon · Pexels

Contenu de l’article

En bref

Le Code du bien-être au travail (Livre III, titre 3) demande de classer chaque local de travail en risque incendie faible, moyen ou élevé, en croisant trois critères : la nature de l'activité, l'occupation des lieux et la charge calorifique. Ce niveau conditionne ensuite le dimensionnement de la détection, de l'alarme et de l'extinction, sans être lié à la hauteur du bâtiment fixée par l'arrêté royal du 7 juillet 1994.

Que signifie "catégorie de risque incendie" dans le Code du bien-être au travail ?

Le Code du bien-être au travail (Livre III, titre 3, prévention de l'incendie sur les lieux de travail) impose à l'employeur d'évaluer le risque d'incendie propre à son activité et de classer les lieux de travail selon ce risque : faible, moyen ou élevé. Cette classification est distincte de celle de l'arrêté royal du 7 juillet 1994, qui range les bâtiments en catégories bas, moyen ou élevé selon leur hauteur. Les deux logiques coexistent sans se confondre : l'une porte sur le bâtiment lui-même, l'autre sur l'activité qui s'y déroule. Un bâtiment tertiaire classé moyen selon l'AR 1994 peut ainsi abriter des bureaux à risque faible et, dans le même bâtiment, un atelier de maintenance ou un local serveur à risque plus élevé, chacun avec ses propres exigences d'équipement de détection et d'alarme.

Quels critères déterminent le niveau de risque incendie d'une activité ?

Le niveau de risque incendie repose sur trois familles de critères analysés conjointement : la nature de l'activité, l'occupation des lieux et la charge calorifique. La nature de l'activité regarde les processus mis en œuvre (travail à froid, travail à chaud, manipulation de produits inflammables, stockage de matières combustibles). L'occupation regarde le nombre de personnes présentes, leur autonomie de déplacement (personnel valide, patients alités, public non familiarisé avec les lieux) et le régime horaire (présence de jour, de nuit, occupation continue). La charge calorifique regarde la quantité de matières combustibles présentes par surface de local. Le conseiller en prévention combine ces trois familles pour aboutir à une classification qui conditionne directement les moyens de détection, d'alarme et d'extinction à prévoir dans chaque zone du bâtiment.

Comment la charge calorifique influence-t-elle la classification du risque ?

La charge calorifique désigne la quantité d'énergie que libérerait la combustion complète des matières combustibles présentes dans un local, rapportée à sa surface. Plus cette charge est élevée, plus un incendie qui démarre dans ce local se développera rapidement et dégagera une puissance thermique importante, ce qui pèse directement sur le niveau de risque retenu. Un bureau paysager avec mobilier standard et archives limitées présente une charge calorifique modérée. Un entrepôt de stockage de matières plastiques ou un atelier utilisant des solvants présente une charge calorifique nettement supérieure, même sans flamme nue en permanence. L'analyse ne se limite pas à recenser les matières présentes : elle tient compte de leur disposition (stockage en hauteur ou au sol, allées dégagées ou encombrées) et de leur pouvoir calorifique respectif, car deux locaux de surface identique peuvent présenter des niveaux de risque très différents selon leur contenu réel.

Quels équipements de détection et d'alarme sont exigés selon le niveau de risque ?

Le niveau de risque retenu pour chaque local conditionne le dimensionnement des moyens de détection, d'alarme et d'extinction, sans qu'un seuil chiffré unique s'applique à tous les cas de figure. Un risque faible (bureaux administratifs, salles de réunion) appelle des moyens de première intervention proportionnés à une évacuation rapide et peu complexe, avec une détection ciblée sur les zones sensibles. Un risque moyen ou élevé (ateliers, cuisines industrielles, zones de stockage, chambres de patients) appelle généralement une détection automatique plus étendue, une organisation de l'alarme plus structurée et parfois une extinction automatique. La conception de ces installations suit la logique de zonage et de détection décrite par la norme NBN S21-100-1. Le conseiller en prévention documente ce raisonnement dans l'analyse des risques, qui sert de référence à la zone de secours lors de son avis sur le dossier du bâtiment.

Comment ce raisonnement s'applique-t-il selon le secteur d'activité ?

La combinaison des trois critères (activité, occupation, charge calorifique) produit des profils de risque très différents d'un secteur à l'autre, même à surface comparable. Le tableau suivant illustre cette logique sans fixer de seuil chiffré, qui reste propre à chaque analyse de risque.

SecteurNature de l'activitéOccupation typiqueCharge calorifiqueTendance du niveau de risque
Tertiaire (bureaux)Travail à froid, peu de matières inflammablesPersonnel valide, présence diurneModérée (mobilier, archives)Faible à moyen
Établissement de soinsTravail à froid, oxygène médical dans certaines zonesPatients à mobilité réduite, présence continue jour et nuitVariable selon les servicesMoyen à élevé selon le service
Industrie (atelier, stockage)Travail à chaud possible, solvants, stockage de matières combustiblesPersonnel formé, effectif variableSouvent élevée selon les matières stockéesMoyen à élevé

Ce classement reste indicatif : chaque bâtiment doit faire l'objet de sa propre analyse, un même secteur pouvant regrouper des locaux de risques très différents.

Qui réalise l'analyse de risque incendie et sur quelle base ?

Le conseiller en prévention de l'entreprise réalise ou coordonne l'analyse des risques incendie, en s'appuyant sur les exigences du Code du bien-être au travail (Livre III, titre 3) et sur la connaissance concrète du bâtiment et de ses activités. Cette analyse figure dans le dossier de prévention incendie de l'entreprise et sert de base à l'installateur pour dimensionner la détection conformément à la NBN S21-100-1. La zone de secours territorialement compétente peut être consultée pour avis sur ce dossier, notamment lors d'une demande de permis ou d'une modification importante de l'activité. Le contrôle périodique de l'installation, réalisé selon la NBN S21-100-2, vérifie ensuite que les équipements en place restent cohérents avec le niveau de risque réel, qui doit être réévalué si l'activité, le stockage ou l'occupation des locaux évolue.

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