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Détection incendie

Comment protéger un laboratoire chimique contre le risque incendie ?

  • 4 min de lecture
  • Rédigé et publié automatiquement
Glassware with colored liquids in a laboratory on a wooden table, showcasing diverse chemical research tools.
Photo Tima Miroshnichenko · Pexels

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En bref

Un local chimique n'est pas automatiquement une zone ATEX : il ne l'est que si une atmosphère explosive peut s'y former en exploitation normale. En dessous de ce seuil, le risque reste un risque d'incendie classique, à traiter via la classification des locaux à risque de la NBN S21-100-1 et des détecteurs choisis pour résister aux vapeurs et à la corrosion.

Quelle est la différence entre une zone ATEX et un local chimique à risque incendie ?

Une zone ATEX est un volume où un mélange d'air et de gaz, de vapeurs ou de poussières inflammables peut atteindre, en exploitation normale ou en cas de dysfonctionnement, une concentration suffisante pour exploser. La réglementation ATEX (directive européenne transposée en droit belge) impose alors du matériel certifié pour les zones 0, 1, 2 (gaz et vapeurs) ou 20, 21, 22 (poussières).

Un laboratoire ou une salle d'essai qui manipule des solvants inflammables n'est pas forcément classé ATEX : si les quantités utilisées, la ventilation en place et les conditions d'exploitation empêchent d'atteindre la limite inférieure d'explosivité, le local reste hors zone ATEX. Le risque qui subsiste est alors un risque d'inflammation d'un liquide, d'une vapeur ou d'un matériau, c'est à dire un risque d'incendie au sens classique, qui relève de la détection incendie et non du matériel ATEX. C'est l'analyse de risque du conseiller en prévention qui tranche cette qualification, local par local.

Comment la NBN S21-100-2 classe-t-elle les locaux à risque pour les substances inflammables non explosibles ?

La classification des locaux selon leur niveau de risque d'incendie est d'abord établie lors de la conception de l'installation, sur base de la NBN S21-100-1. Elle distingue les locaux à risque normal, où une détection standard suffit, des locaux à risque particulier, où la présence de vapeurs inflammables, de poussières combustibles ou de conditions favorisant les fausses alarmes impose un détecteur et une implantation spécifiques.

La NBN S21-100-2, qui régit l'entretien et le contrôle périodique des installations, reprend cette classification comme référence lors des visites de maintenance : le technicien vérifie que le type de détecteur installé correspond toujours à l'usage réel du local, notamment si l'activité du laboratoire ou de la salle d'essai a évolué depuis la mise en service. Un local reclassé en risque particulier après un changement de process (nouveaux solvants, nouvelle manipulation) doit faire l'objet d'une réévaluation de la détection, pas seulement d'un contrôle de routine.

Quels détecteurs choisir pour une ambiance chargée en vapeurs chimiques ?

Le choix du détecteur dans un laboratoire chimique doit tenir compte à la fois du risque de fausse alarme et de la résistance physique du matériel aux vapeurs agressives. Les détecteurs optiques de fumée classiques sont sensibles aux aérosols et vapeurs présents dans l'air ambiant d'un laboratoire, ce qui génère des déclenchements intempestifs sans départ de feu réel.

Les détecteurs multicritères (combinant fumée, température et parfois monoxyde de carbone) réduisent ce risque en croisant plusieurs signaux avant de déclencher l'alarme. Dans les zones où les vapeurs sont permanentes mais où le risque de flamme nue est bien identifié (postes d'essai, bancs de manipulation de solvants), un détecteur de flamme ou un détecteur thermique peut s'avérer plus pertinent qu'un détecteur de fumée.

Le boîtier lui-même doit résister à la corrosion et à l'attaque chimique : housings traités, indice de protection adapté à l'humidité et aux projections, électronique protégée. Tout matériel installé doit rester certifié BOSEC, gage que le détecteur a été testé et homologué pour un usage en détection incendie en Belgique, indépendamment de sa résistance renforcée aux vapeurs.

Quelles autres mesures compléter dans un laboratoire ou une salle d'essai chimique ?

La détection seule ne suffit pas à maîtriser le risque incendie d'un laboratoire manipulant des produits inflammables : elle doit s'articuler avec le désenfumage et, selon la criticité des équipements, une extinction automatique. Une ventilation mécanique correctement dimensionnée limite l'accumulation de vapeurs et contribue, en parallèle de la question ATEX, à réduire le risque d'inflammation généralisée en cas de départ de feu.

Pour les salles d'essai abritant des équipements électroniques ou des installations de process coûteuses, un système d'extinction automatique à gaz est souvent préféré à l'eau, car il n'endommage pas le matériel et agit rapidement sur un feu naissant en milieu confiné. Le désenfumage, qu'il soit naturel ou mécanique, doit être pensé en fonction du classement du bâtiment (bas, moyen ou élevé) au sens de l'arrêté royal du 7 juillet 1994, qui fixe les normes de base de prévention incendie applicables à la structure du bâtiment abritant le laboratoire.

Qui contrôle et entretient la détection incendie dans un laboratoire à risque chimique ?

Le contrôle périodique de l'installation de détection incendie d'un laboratoire relève de la NBN S21-100-2, qui prévoit un entretien préventif et des visites de contrôle dont la fréquence est adaptée au type d'installation et au niveau de risque du local. Le conseiller en prévention de l'entreprise reste responsable de signaler toute évolution d'activité susceptible de modifier le classement du local.

La zone de secours compétente pour le territoire du bâtiment peut être consultée pour avis sur l'installation, notamment lors d'une demande de permis ou d'une modification significative de l'exploitation, et c'est elle qui effectue les contrôles sur le terrain. Un laboratoire qui change régulièrement de produits ou de process a intérêt à documenter ces évolutions dans son registre de sécurité, pour que l'installateur puisse ajuster le type de détecteur et la classification du local sans attendre le prochain contrôle périodique.

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