Qu'est-ce qu'un bâtiment temporaire ou modulaire en matière de prévention incendie ?
Un bâtiment temporaire est une construction destinée à un usage limité dans le temps : baraquement ou bureau de chantier, module d'hébergement provisoire, chapiteau ou structure événementielle, unité de soins mobile installée en extension d'un établissement. La réglementation belge ne fait pas dépendre l'obligation de prévention incendie du caractère permanent ou provisoire de la construction, mais de son usage réel : dès qu'elle accueille des travailleurs ou du public, elle relève des mêmes principes de sécurité que tout autre bâtiment. La durée d'occupation, le nombre de personnes présentes et les matériaux employés (toile, bois, ossature métallique) sont les critères que la zone de secours prend en compte pour évaluer le niveau d'exigence applicable.
Quel cadre réglementaire belge s'applique aux installations provisoires ?
Deux textes structurent la prévention incendie des installations provisoires en Belgique, selon qu'il s'agit d'un lieu de travail ou d'un lieu accessible au public. L'arrêté royal du 7 juillet 1994 fixant les normes de base en matière de prévention contre l'incendie et l'explosion s'applique aux bâtiments sans exclure ceux à caractère temporaire, la zone de secours appréciant au cas par cas les mesures adaptées à la structure concernée. Pour les chantiers, c'est le Code du bien-être au travail (Livre III, titre 3, prévention de l'incendie sur les lieux de travail) qui encadre la sécurité incendie des installations occupées par des travailleurs, quelle que soit la durée du chantier. Aucun texte spécifique unique ne régit les structures événementielles : c'est l'avis préalable de la zone de secours qui fixe les exigences concrètes, par analogie avec les principes des normes de base.
Quelles sont les exigences minimales de détection et d'alarme pour une structure temporaire ?
Les exigences minimales de détection pour une structure temporaire se déterminent par proportionnalité au risque : nombre d'occupants, durée d'exploitation, présence de personnel de nuit, nature des matériaux et des activités (cuisine provisoire, stockage, groupe électrogène). La norme NBN S21-100-1, qui encadre la conception des installations de détection incendie, reste la référence technique à utiliser même pour une installation provisoire, en l'adaptant à l'échelle de la structure. Dans les modules d'hébergement, de bureau ou de stockage, des détecteurs de fumée autonomes constituent l'exigence de base ; les locaux à risque (technique, cuisine) justifient une détection automatique reliée à une alarme sonore audible sur l'ensemble de la structure. Le recours à du matériel certifié BOSEC est le repère de qualité à privilégier, même pour un montage temporaire.
Qui doit demander l'avis de la zone de secours et quand ?
L'organisateur d'un événement ou l'entrepreneur principal d'un chantier est celui qui doit solliciter l'avis de la zone de secours compétente avant l'installation d'une structure temporaire accueillant du public ou des travailleurs. Cette démarche doit intervenir suffisamment tôt avant l'ouverture au public ou le début de l'occupation, pour laisser le temps à la zone de secours d'instruire le dossier et, si nécessaire, d'imposer des aménagements complémentaires (extincteurs supplémentaires, exutoires de fumée, renforcement de la détection). La zone de secours effectue ensuite le contrôle sur site et délivre son avis, qui doit être conservé dans le dossier de l'exploitant pendant toute la durée d'occupation de la structure.
Quelles sont les responsabilités de l'exploitant temporaire ?
L'exploitant temporaire, qu'il s'agisse de l'organisateur d'un événement ou du maître d'ouvrage d'un chantier, porte la même responsabilité en matière de prévention incendie qu'un exploitant de bâtiment permanent, pour toute la durée de l'occupation. Il doit désigner un responsable identifié pour la sécurité incendie de la structure, souvent en lien avec le conseiller en prévention de l'entreprise concernée, tenir à disposition l'avis de la zone de secours ainsi que le plan d'évacuation et les consignes affichées. Lorsque plusieurs intervenants se succèdent sur le site (sous-traitants de chantier, prestataires techniques d'un événement), chacun reste responsable de son périmètre d'installation, mais l'exploitant global assume la cohérence d'ensemble du dispositif de détection et d'alarme, y compris son maintien en état de fonctionnement.
Comment assurer l'entretien de la détection pendant la durée du chantier ou de l'événement ?
L'entretien d'une installation de détection temporaire suit les mêmes principes que ceux fixés par la norme NBN S21-100-2 pour les installations permanentes, adaptés à la durée de vie réelle du dispositif, qui peut aller de quelques jours à plusieurs mois. Une vérification fonctionnelle est nécessaire avant la mise en service de la structure (audibilité de l'alarme, état des batteries des détecteurs autonomes), suivie de contrôles réguliers tant que l'occupation se poursuit. En fin d'exploitation, le démontage de la structure doit s'accompagner d'une désinstallation formalisée du dispositif de détection, avec traçabilité des contrôles effectués pendant toute la période d'utilisation.
